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Amiens vu par... Julien Peultier (Last Train)

Dernière mise à jour : 22 mai 2021


Aujourd'hui on part dans le Grand Est. Quoique causer avec un supporter strasbourgeois, bof en fait. Alors on bifurque juste en dessous à Sochaux ! Ok, ils sont en Ligue 2 mais on n'oublie pas d'où on vient, ni la raclée prise l'an dernier. Et c'est un supporter de choix qui répond à nos questions : Julien Peultier, guitariste de l'excellent groupe de rock Last Train* et passionné de foot.


Braquage à l’Amiénoise : Salut Julien, merci d’avoir accepté de participer à notre rubrique « Amiens vu de.. ». Tu es supporter du FC Sochaux-Montbéliard, tu suis ce club depuis longtemps ? Et qui t’a emmené au stade Bonal la première fois ?


Julien : J’ai pas spécialement de souvenir de ma vie sans être supporter du FCSM. J’allais au stade avec mes parents et ils grattaient une place gratuite en disant que j’allais m’asseoir sur les jambes de mon père, comme j’étais tout petit. J’étais mal à l’aise mais ça marchait à chaque fois comme le stade était jamais vraiment plein. Mes parents vont vraiment passer pour des radins, déso !



BALA : Depuis ta naissance, j’ai compté, le FCSM a passé 10 ans en Ligue 2. Avant ça c’était 30 ans de D1, ça fait ch*** non ? (on ne vous vanne pas parce que nous en 120 ans c’est 2 ans de L1)


J : Je ne peux pas me plaindre, on est monté en Ligue 1 quand j’avais 5 ans, et après c’était l’ère Plessis, avec des parcours européens, en coupes nationales, du jeu, des bons joueurs, on était vraiment des fous, on mettait 4-0 à Dortmund, on battait l’OM sans gêne, on allait en finale de CDL, c’était des superbes années. J’ai beaucoup pleuré quand on est descendu, je savais que ça serait plus jamais pareil, ou en tout cas pas avant une dizaine d’années, mais il fallait l’accepter et se réjouir d’avoir vécu ça. Je suis super nostalgique, mais le frisson reste intact, que ce soit sur un but de Martin contre le PSG en CDF alors qu’on fait une saison de merde en L2, ou celui de Frau contre l’Inter quand on était Top 5 français, tu vibres toujours, et jusqu’à la mort.


BALA : En 2016 vous avez fait un avant-match de coupe à Bonal, joué dans le bar du club, rencontré les U17 cette année, vous êtes vraiment liés à ce club, à quand une chanson comme Archimède à Laval ?


J : Hahaha il faut avouer que c’est beaucoup à cause de moi, les autres me suivent dans tous ces trucs par respect et parce que c’est mes potes, du coup ils sont pas encore prêts je pense ! Ils sont très gentils d’ailleurs.



BALA : Parlons d’Amiens, la ville, ça t’évoque quoi ? Je te rappelle que tu es venu jouer à la Lune de Pirates qui est un lieu mythique pour nous amiénois (NDLR : sacrée claque ce concert) , j’espère que tu t’en souviens parmi tes 250 concerts en 2 ans ! (malheureusement c’était la semaine qui suivait l’attentat du Bataclan)


J : Oui oui je m’en souviens bien, on avait joué avec The Drones, c’était une belle soirée. Mais bon… en tournée on a jamais le temps de chiller en ville, tout s’enchaîne trop vite, du coup je connais que cet endroit. J’espère qu’on reviendra sur la prochaine tournée, je paie mes bières.


BALA : Un concert ou un match, c’est plein de gens en liesse autour d’une même fête, c’est comparable niveau émotions ?


J : C’est exactement ce que j’essaie d’expliquer à ceux qui voient le foot comme un sport de débiles entassés dans un stade. D’ailleurs, ceux qui sont allés dans un stade comprennent généralement de quoi il s’agit. Parce qu’être ensemble et agir en tant que groupe d’individus procure un sentiment de puissance, de force, ou de sécurité parfois inexplicable.

Après notre dernier concert, à Bruxelles, des jeunes filles venues depuis la Bretagne pour nous voir nous remerciaient simplement de les réunir ensemble, autour de nous. Elles oubliaient tout, se faisaient des potes, et rentraient chez elles en se sentant bien. C’est ce que je ressens quand je vais au stade, sur une place publique pour voir l’Equipe de France jouer, ou que je vois Queens Of The Stone Age sur scène pour la première fois de ma vie. Les émotions sont fortes, les souvenirs intemporels et la passion exponentielle. (Putain c’est beau non?)


BALA : L’Amiens SC, le stade, les joueurs tu connais quoi vu de Sochaux ? Tu m’as évoqué la bagnole de Thomas Monconduit déjà, normal vu que c’est la marque au Lion !


J : Monconduit a l’air d’être un mec cool, il sort du rang des footballeurs professionnels et c’est sympa à voir. Il s’attache à des choses simples. En plus il affiche son soutien à Ruffin, qui, sans détailler mes opinions politiques, a le mérite d’être le seul mec qui dit des trucs intéressants à l’assemblée. Je lui avais souhaité bon match la veille du 32è de finale, avec un joli message, mais il ne m’avait pas répondu.

Votre stade a le meilleur nom de France, je pense qu’on est tous d’accord là-dessus. Je trouve que ça rajoute du charme à votre histoire. Vous montez en Ligue 1 sur un but après 15 minutes de temps additionnel, personne sait trop où vous êtes sur la carte de France, et après Neymar vient jouer chez vous dans un stade qui porte le nom d’une créature légendaire (qui chie de l’arc-en-ciel dans l’imaginaire collectif). Je pense que certains dirigeants se demandent si vous existez vraiment, mais vos enfants amiénois, eux, doivent être encore plus convaincus que les licornes sont pour de vrai.


BALA : Pour notre première saison en L1, on nous avait prédit des taules monumentales, il n’y en a eu aucune ! Pourtant en janvier on s’est tapé un set contre vous 6-0, c’était votre exploit de l’année. Est-ce que la toute la ville est sortie dans les rues pour chanter « First I was afraid, I was petrified » ?


J : Ouais désolé pour ça, mais c’était tellement bien ! Je l’ai plutôt vécu comme une rupture du continuum espace-temps, ce genre de moment aléatoire où mon équipe brille sans raisons particulières, où le Stade Bonal ressemble au Maracana et qu’il y a Pelé, Maradona et Best sur le banc. Sinon c’était assez calme dans l’ensemble, j’ai bu beaucoup d’alcool et j’étais heureux.


BALA : Il y a 2 clubs de la région des frites en L2, on trouve qu’ils y sont bien même si ça nous ferait moins loin en bus que Nîmes. Il y a aussi pas mal de « gros » clubs historiques. Alors FCSM en L1 c’est pour quand ?


J : Je ne pense pas me tromper en disant que le club vit les instants les plus durs de son histoire. Alors je ne sais pas trop… Notre club bradé par Peugeot lors de la descente en 2014, racheté par des chinois et dirigé par des espagnols ressemble à un gros bordel dont le sort paraît imprédictible. Je suis très pote avec des gens qui y bossent depuis longtemps et qui veulent pas perdre leur taff. Et en même temps je supporte la Tribune Nord parce qu’elle fait battre le cœur du stade. Va-t-on devenir un club satellite sans ambition bloqué en L2 toute notre vie ? Pour l’instant, j’essaie de digérer ce qu’il se passe, j’espère en secret que ma vie d’adulte pourra ressembler à mes souvenirs d’enfant. Mais ici on sait tous que notre jaune et bleu est loin de devenir or et roi.


BALA : Sur ce on souhaite une bonne saison au FCSM, si on peut s’éviter en coupe (et en barrages !!) c’est bien. Et bon enregistrement du nouvel album avec Last Train !


J : Aucune chance pour les barrages, Amiens en C1 ! C’était un plaisir, on se voit au bar de la Lune des Pirates !








* toujours disp : Weathering de Last Train / Cold Fame Records

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